Les jeunes des quartiers à majorité maghrébine qui se regroupent en bande afin d'attaquer le pouvoir en place n'ont plus seulement affaire aux compagnies de CRS déployées sur tout le territoire mais aussi aux habitants des quartiers et cités voisines excédés des détériorations et drames causées par ces bandes.

Les affrontements sont de plus en plus violents, l'emploi d'armes à feu fait de plus en plus de victimes. Le feu qui ravageait jusque là des voitures et quelques entreprises, s'étend maintenant aux habitations particulières, aux établissements publics. On commence d'ailleurs à voir un retour à l'exode rural. Ainsi, on a pu constater que certaines personnes ayant tout perdu recherchent refuge dans leur famille éloignée des grandes villes.

L'armée qui a pris position à l'extérieur des grands foyers insurrectionnels n'a pas encore reçu l'ordre de faire mouvement. Pourtant, les forces de l'ordre dépendantes du Ministère de l'Intérieur en auraient bien besoin à l'heure actuelle. Cependant, il semble que la Ministre de la Défense ne soit pas disposée à faire intervenir activement ses forces. Il apparait clairement que le conflit s'est étendu au gouvernement lui même, alors que les évenements connaissent des sommets de gravité jusqu'alors jamais atteints.

En effet, plusieurs de nos envoyés spéciaux rapportent que la police ne doit plus seulement faire face aux jeunes et bandes des quartiers mais aussi aux citoyens organisés en milice excedés par l'incapacité des forces de l'Etat à résoudre le conflit.

Nous sommes en face d'un combat tripartite qui risque de faire éclater gravement la cohésion nationale si chèrement acquise au cours des siècles et des derniers grands évènements du siècle passé.
Les images de Paris et des grandes capitales régionales en proie aux flammes font le tour du monde. CNN consacre pas moins de 3 heures de direct par demi-journée.

Des discussions se sont ouvertes au siège de l'Union Européenne pour savoir ce qu'il était possible de faire pour aider la France et éviter la propagation de ces insurrections à d'autres pays européens. L'intervention d'une force multi-latérale a été évoquée avec le plus grand sérieux par l'Allemagne, la Grande Bretagne et l'Italie. Les Etats-Unis se sont dit prêts à venir en aide au gouvernement français, mais rien n'a été précisé sur les moyens qui seraient apportés. Doit-on craindre les vieux démons impérialistes des USA sous couvert d'une aide pour le retour de la sécurité?

En outre, nous, journalistes, démentont formellement être à l'origine du renforcement du conflit du fait: de nos constantes interventions 15 heures sur 24 sur toutes les chaines de télévisions; de nos descriptions partielles et partiales; de nos analyses incomplètes et éronnées de la réalité vraie telle qu'on l'a vue ca fait même pas 30 minutes; et des écrits à chaud que l'on fait sur 80% du contenu de l'ensemble de la presse nationale. Nous rappelons par ailleurs, qu'étant garant d'une certaine éthique, et ne voulant pas être acteur de la surenchère entre bandes de cités concurrentes, nous nous refuserons désormais à compter et divulger le nombre de pneus crevés dans le département de Seine-Saint-Denis, cependant nous n'abandonnerons pas l'idée d'un débat ouvert et non politisé qui nous permet de dire sur TF1 que tout va bien et que tout brûle sur France 2 et vice versa. En effet, en tant que dépositaire de la lumière universelle (oui, nous sommes un profession d'intellectuels éclairés), nous ferons tous les efforts nécessaires pour ne pas envenimer le conflit en diffusant à la place de notre journal de vingt heures un reportage sur la difficulté des jeunes de cité à s'insèrer dans le monde du travail. Enfin et malgré notre culture et notre intelligence supérieure, un mystère nous reste à éclaircir: pourquoi ces jeunes ne s'en prennent-ils pas aux voitures des quartiers riches?

Rappelez-vous: éteindre la TV au moment du JT peut causer des maladies irréversibles du cerveau. Ne pas acheter le journal pour s'abreuver des vraies nouvelles d'hier, d'aujourd'hui et de demain provoque un risque d'arrêt cérébral.

Note personnelle: Un jour, un américain célébre du nom de Benjamin Franklin à dit: "Une société prête à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et finit par perdre les deux". J'ajouterai qu'il en va de même avec la liberté et l'égalité.

Longue vie à l'insurrection. Et pour la question à 100 euros, un début de réponse chez Sharky.